ISSN : 2269-5990
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samedi 13 novembre 2021

jeudi 28 septembre 2017

Agone 61, Démythifier la raison (contient un entretien avec Jacques Bouveresse)

Agone 61, Démythifier la raison
2017
 
Coordination : Jean-Matthias Fleury & Jean-Jacques Rosat  

Présentation de l'éditeur
Une première tentative de reconstruire la raison, considérée comme base permettant de revendiquer l’égalité et de combattre l’injustice
Dans beaucoup de milieux intellectuels, y compris à gauche et à l’extrême gauche, la raison est aujourd’hui traitée comme une ennemie. Instrument au service de l’État et du Capital, des polices, des bureaucraties et des technocraties, de la Science qui ne serait que technoscience, de l’Occident et de l’impérialisme, elle signifierait contrôle des corps et des esprits, exclusion et enfermement, écrasement des identités et des différences, ethnocentrisme et colonialisme, productivisme et destruction de la nature et de la Terre...
Certes, la raison et l’universel ont servi de paravents à toutes sortes d’horreurs et d’oppressions. Mais les irrationalismes politiques et religieux en ont « justifié » bien d’autres. Et comment dénoncer l’injustice, revendiquer l’égalité et le respect des différences, comprendre la place de l’espèce humaine au milieu des autres et sur la Terre, sans s’appuyer sur la raison ? Pas une Raison supérieure, surplombante et totalisante, censée justifier l’ordre établi ou le cours de l’histoire. Mais la raison commune qui est en chacun, cette capacité de demander pourquoi et comment, de chercher ce qui est vrai et ce qui est mieux.
Ce dossier veut ouvrir quelques pistes pour contribuer à l’immense projet de reconstruire la raison, notamment à travers une réévaluation critique de l’idée de « progrès » dans un dialogue avec Jacques Bouveresse, une analyse des modes de pensée irrationnels voire religieux dans l’extrême gauche française, une réflexion sur l’héritage des Lumières à partir de la dichotomie entre Lumières radicales et modérées mise en évidence par les travaux de Jonathan Israel, ou encore une confrontation avec le rationalisme mal connu de Hayek, aussi puissant philosophiquement que discutable dans ses principes et ses conséquences.

Sommaire
Éditorial : Quelle raison garder ? – 1. _Constellations_ : radicalités irrationnelles. Des jeunes révolutionnaires aux anciens réactionnaires (Jean-Luc Chappey) – 2. Quand les Lumières radicales appelaient à la révolte anticoloniale. Diderot et l’_Histoire des deux Indes_ (Jean-Jacques Rosat) – 3. Pour une rationalité écologique. Entretien avec Jacques Bouveresse autour de son livre _Le Mythe moderne du progrès_ – 4. Lire Hayek sérieusement. Le néo-libéralisme, entre rationalisme modéré et conservatisme (Jean-Matthias Fleury) – 5. Hypothèses pour une raison sobre (Jean-Jacques Rosat) – Rubrique “Entretiens” : “On leur fait savoir qu’on les observe, nous aussi” : l’observation juridique aux États-Unis. Entretien avec Jessica Woods (Fraçois Buton, CLémence Fourton et Clément Petitjean) – Rubrique “Histoire radicale” : “Ose être comme Daniel ! Le syndicat des cuisiniers français”, par Wilf McCartney (présenté par Boris Mellow)
 
 
 

samedi 18 octobre 2014

en ligne: Jacques Bouveresse, Quelques remarques sur les relations entre le « principe de contradiction », le « principe de raison » et le « principe du meilleur » chez Leibniz



in :
Sous la direction de
Jean-Matthias Fleury  
Leibniz et le principe de raison. Enjeux théoriques et pratiques
Langage et Connaissance
site "Philosophie de la connaissance" du Collège de France
2014
(Les textes ici rassemblés sont issus d'une journée d’étude consacrée au principe de raison suffisante chez Leibniz, qui  a eu lieu  le 24 mai 2012 au Collège de France. Elle était organisée par la chaire de Métaphysique et de philosophie de la connaissance, à l’occasion de la parution en édition numérique des cours 2009 et 2010 de Jacques Bouveresse, Dans le labyrinthe: contingence, nécessité et liberté chez Leibniz  ).

 

jeudi 27 mars 2014

en ligne: La reconstruction de la raison. Dialogues avec Jacques Bouveresse, Sous la direction de Claudine Tiercelin

La reconstruction de la raison
Dialogues avec Jacques Bouveresse
Sous la direction de Claudine Tiercelin
Philosophie de la connaissance
Collège de France
2014

Note de l’éditeur
Ce livre est issu du premier colloque organisé en France autour de la pensée et de l'oeuvre de Jacques Bouveresse. Il s'est tenu les 27, 28 et 29 mai 2013 au Collège de France, à l'initiative de Claudine Tiercelin (chaire de Métaphysique et philosophie de la connaissance). Les vidéos de ce colloque sont accessibles sur le site web du Collège de France (à la page de Claudine Tiercelin). 
La raison était supposée autrefois constituer ce qui unit les êtres humains. Elle n'a plus à présent de forme unitaire et dominante ; elle est au contraire fragmentée en une multitude de rationalités diverses, réelles ou supposées telles, qui coexistent de façon conflictuelle. Parmi les philosophes qui ont le plus compté au cours du XXe siècle, bien peu ont été des défenseurs de la raison et des Lumières ; et certains de ceux qui ont exercé (et continuent encore aujourd'hui à exercer) l'influence la plus considérable ont été ses adversaires declarés. Notre époque a même été confrontée à un processus d'"irrationalisation de la science", dont certains de nos maîtres à penser postmodernes ont essayé de nous convaincre qu'elle n'était en aucune façobn le produit exemplaire de la raison et de l'effort pour tendre à une connaissance objective de la réalité.
On peut néanmoins percevoir depuis quelque temps, à des signes divers, qu'au lieu de tenir la raison pour responsable de la plupart des maux de notre époque, il se pourrait bien que la seule solution qui s'offre désormais à nous soit de nous décider à lui accorder réellement une nouvelle chance. Jusqu'à quel point et à quel prix la raison peut-elle espérer réussir à reconquérir au moins en partie le rôle qu'elle a joué autrefois comme faculté d'unité et d'universalité ? C'est une entreprise évidemment difficile et problématique, qui suppose notamment que l'on ait répondu de façon suffisamment claire et convaincante à la question de savoir ce qui peut être conservé et ce qui doit être abandonné dans l'héritage des Lumières.

en ligne sur OpenEdition Books:


Les raisons de croire et les raisons d'agir

Aude Bandini
(De quoi) Alexis Alexandrovitch est-il coupable ?

Croyances irrationnelles et responsabilité épistémique

Jean-Matthias Fleury
Souveraineté de la raison

Les voies de la raison. Métaphysique, analyse conceptuelle, littérature

Catrin Missellhorn
Les idées métaphilosophiques de Musil 
Entre le naturalisme philosophique et la philosophie comme littérature

Quel rationalisme?

Conclusions

Claudine Tiercelin
Raison et sensibilité



(source: OpenEdition Books)

vendredi 8 mars 2013

Colloque: La reconstruction de la raison. Dialogues avec Jacques Bouveresse. Collège de France, Paris – 27, 28 et 29 mai 2013

 
 
Chaire de Métaphysique et philosophie de la connaissance
Professeur Claudine Tiercelin
Colloque La reconstruction de la raison

Dialogues avec Jacques Bouveresse

Collège de France, Paris – 27, 28 et 29 mai 2013

*

Lundi 27 mai

9 H/9 H 15
Claudine Tiercelin (Collège de France)
Ouverture
9 H 15/10 H 15
Pierre Wagner (Université Paris1– Panthéon – Sorbonne)
Tolérance et rationalité
10 H 30/11 H 30
François Clementz (Aix – Marseille Université)
Métaphysique du rationalisme, rationalité de la métaphysique
11 H 30/12 H 30
Catrin Misselhorn (Universität Stuttgart)
Romanticism Naturalized. From the Paradoxes of Self-reference to the Non-Ratioid Domain

*

14 H/15 H
Christian Bonnet (Université Paris1 – Panthéon – Sorbonne)
Lichtenberg ou les Lumières inquiètes
15 H/16 H
Kevin Mulligan (Université de Genève)
De la sottise, du pharisaïsme et de l’intérêt
16 H 15/17 H 15
Jacques Bouveresse (Collège de France)
Le désir, la vérité et la connaissance : la volonté de savoir et la volonté de vérité chez Foucault
17 H 15/18 H
Discussion générale

Mardi 28 mai

9 H/10 H
Pascal Engel (EHESS)
La diversité du domaine des raisons
10 H 15/11 H 15
Stéphane Chauvier (Université Paris – Sorbonne)
Un décisionnisme épistémologique est-il possible ?
11 H 15/12 H 15
Jean-Marie Chevalier (Collège de France)
Y a-t-il un rationalisme à la française ? Vuillemin, Granger, Bouveresse

*

14 H/15 H
Roger Pouivet (Université de Lorraine)
L’irrationalisation de la religion
15 H/16 H
Aude Bandini (Université de Montréal/ Université du Québec à Montréal)
De quoi l’acratique épistémique est-il coupable ?
16 H 15/17 H 15
Manfred Frank (Universität Tübingen)
Politische Aspekte des neufranzösischen Denkens
17 H 15/18 H
Discussion générale

Mercredi 29 mai

9 H/10 H
Louis Pinto (CNRS, EHESS)
Le sociologue, la raison et l’histoire
10 H 15/11 H 15
Benoit Gaultier (Collège de France)
Le champ scientifique, le progrès de la connaissance et l’exercice de la philosophie
11 H 15/12 H 15
Sophie Djigo (CURAPP, Amiens)
« Rationaliser l'action » : du sujet empirique à l’agent rationnel

*

14 H/15 H
Jean-Jacques Rosat (Collège de France)
User de sa raison en philosophie
15 H/16 H
Jean-Matthias Fleury (Lycée Gérard-de-Nerval, Noisiel)
Souveraineté de la raison
16 H 15 – 17 H 15
Claudine Tiercelin (Collège de France)
Raison et sensibilité
17 H 15/18 H
Discussion générale. – Clôture

(Merci à Jean-Jacques Rosat pour l'info) 

jeudi 14 juin 2012

écouter: Jacques Bouveresse, à propos de Peut-on ne pas croire? et de Que peut-on faire de la religion?



écouter: Jacques Bouveresse, à propos de Peut-on ne pas croire? et de Que peut-on faire de la religion?
entretien avec Michel Baudouin et Jean-Matthias Fleury au Collège de France, juin 2011
Jeudi Noir, Radio Libertaire, 14 juin 2012

(merci à L'équipe de "Jeudi Noir" pour l'info)
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voir également:

videos: Jacques Bouveresse, à la librairie Tropiques, 26 mars 2011

video: Jacques Bouveresse, Conférence/débat, autour du thème : Liberté de la pensée scientifique et laïcité
Dans le cadre du 5e édition du Salon du Livre d'Histoire des Sciences et des Techniques d’Ivry
15 novembre 2009

écouter: Jacques Bouveresse, Peut-on ne pas croire? Dans le cycle « Ma foi ! Croyances, religions, identité » radio Grenouille
8 avril 2008

mardi 17 avril 2012

en ligne: Jacques Bouveresse, Dans le labyrinthe: nécessité, contingence et liberté chez Leibniz + videos des cours


Jacques Bouveresse 
Dans le labyrinthe: nécessité, contingence et liberté chez Leibniz 
Cours 2009 et 2010 
Éditeur scientifique Jean-Matthias Fleury
site éditorial « La philosophie de la connaissance au Collège de France » 
Langage et connaissance
2012

Présentation de l'éditeur
C’est Leibniz lui-même qui a parlé de « labyrinthes à erreurs » à propos de deux problèmes philosophiques centraux : celui du continu et celui de la liberté. Du premier, on peut dire en suivant Vuillemin que, depuis la formulation des paradoxes de Zénon, il a dominé l’histoire de la philosophie théorique ; du second, qu’à travers une autre aporie, celle de Diodore, il a dominé l’histoire de la philosophie pratique. L’objet de ce cours des années 2009 et 2010 se situe d’une certaine façon directement dans la suite de celui du cours des deux années précédentes,  consacré à une tentative de réponse à la question « Qu’est-ce qu’un système philosophique ? ». Le but est d’examiner dans le détail le genre de réponse que le système de Leibniz essaie d’apporter à l’aporie de Diodore et, plus précisément, la façon dont il s’efforce de défendre et de protéger la liberté contre la menace du nécessitarisme, en particulier du nécessitarisme spinoziste.

  • Jacques Bouveresse
    Professeur honoraire au Collège de France, chaire de Philosophie du langage et de la connaissance
  • Jean-Matthias Fleury (Éditeur scientifique)
    Professeur agrégé de philosophie, maître de conférences au Collège de France dans la chaire de Philosophie du langage et de la connaissance (2009-2010) puis dans celle de Métaphysique et philosophie de la connaissance (2010-2011), auteur d'une thèse soutenue en 2009 : "Force et disposition : l'ontologie dynamiste de Leibniz à l'épreuve des débats contemporains".

    +
    videos: Jacques Bouveresse, Dans le labyrinthe : nécessité, contingence et liberté chez Leibniz, Cours 2009-2010




     

jeudi 12 avril 2012

Agone 48, La philosophie malgré eux

Agone 48
La philosophie malgré eux
Coordination Jean-Jacques Rosat
Agone
2012

Orienter ses efforts contre tout ce qu’il peut y avoir de prestigieux et d’ensorcelant dans certaines productions de l’intellect. S’appliquer avec une sorte de génie de la destruction à combattre toute espèce d’enthousiasme théorique et spéculatif. Parce que l’entendement humain est en quelque sorte perpétuellement malade de ses propres succès, il ne connaît le plus souvent que pour méconnaître, il ne produit guère de lumières qui ne finissent par le rendre quelque peu aveugle ni de solutions qui ne constituent en même temps des problèmes…
SOMMAIRE
Éditorial, Jean-Jacques Rosat
Bouveresse dans le rationalisme français, Claudine Tiercelin
Après avoir dégagé quelques incarnations du rationalisme dont Bouveresse se démarque, j’indique quelques aspects qui ancrent son œuvre dans la tradition de l’Aufklärung (mais en la renouvelant), avant d’insister sur ce qui me semble plus distinctif de ce rationalisme dans lequel parviennent miraculeusement à cohabiter des sources philosophiques, littéraires et scientifiques : Cournot, Vuillemin, Carnap, Peirce, Wittgenstein, Russell, Frege, Sellars, Bolzano, Boltzmann ou Helmholtz, mais aussi Descartes, Kant, Schopenhauer, Fichte, Husserl, Cavaillès, Canguilhem, les pragmatistes James, Putnam, ou encore des écrivains comme Valéry, T.S. Eliot, et plus que tout peut-être, Lichtenberg, Kraus et Musil. Puis je me concentre particulièrement sur l’examen de ce rationalisme à l’aune des liens de Bouveresse avec la tradition « analytique », et avec Wittgenstein en particulier.
Le démon de Karl Kraus & le philosophe du Collège de France, Thierry Discepolo
Si l’immunité du philosophe de la connaissance aux penchants irrationalistes et au modèle tyrannique de Kraus ne fait pas de doute, l’intérêt pour ses outils trouve son sens dans la prise de conscience par le rationaliste des limites de l’Aufklärung. Contre les tentations élitistes de certains enthousiastes naïfs (la liberté naîtra de la lucidité acquise par la seule science et le seul exercice de la raison), Bouveresse tient la satire et l’ironie pour indispensables : le monde intellectuel n’est pas moins violent et injuste que les autres mondes sociaux ; on ne peut y défendre l’honnêteté intellectuelle et l’exigence de justice sociale et économique sans accompagner l’exercice de la raison et les luttes pour un monde égalitaire par l’exercice d’une contre-violence au moins équivalente à la violence de l’attaque dont sont l’objet ces valeurs inséparables aux yeux du démocrate armé.
Bouveresse et Bourdieu, critiques de la position scolastique, Bruno Ambroise
Bouveresse revendique un certain héritage bourdieusien et considère Bourdieu non seulement comme un sociologue important, mais également comme un interlocuteur de plein droit sur le plan philosophique. C’est qu’il est tout à fait conscient que les philosophes n’échappent pas, contrairement à ce qu’ils aiment croire, aux champs sociaux et aux enjeux sociaux que ceux-ci déterminent : ils y participent en ne croyant participer qu’à des enjeux intellectuels ; et qu’en outre, la façon même dont Bourdieu a construit sa théorie sociologique rejoint des positions philosophiques défendues par Bouveresse, notamment à travers sa lecture de Wittgenstein. C’est ainsi en deux sens que Bouveresse a hérité de Bourdieu : comme sociologue, et tout particulièrement du champ intellectuel, ce dernier lui a apporté un certain nombre de connaissances sur le monde social et sur la philosophie, en tant qu’elle s’y inscrit ; comme épistémologue Bourdieu a développé une démarche méthodologique proche de celle que Bouveresse adoptera.
Jacques Bouveresse, historien critique de la philosophie, Jean-Matthias Fleury
Il se pourrait que le désintérêt tenace à l’égard des recherches historiques de Bouveresse ait des raisons profondes, dans la mesure où ses travaux interrogent finalement la plupart des objectifs et des présupposés habituellement admis en la matière par le champ académique français. À la suite de Carnap et surtout de Russell, Bouveresse considère en effet que la question de la recherche de la vérité est absolument centrale dans le travail d’analyse historique, ce qui implique une forme de rapport critique à la tradition philosophique beaucoup plus développé qu’il ne l’est habituellement dans les études hexagonales. De ce point de vue, Bouveresse se situe d’ailleurs également en rupture à l’égard du courant de la philosophie rationaliste systématique, initié par Gueroult et poursuivi par des auteurs comme Vuillemin et Granger, dont Bouveresse s’estime, à beaucoup d’autres égards, l’héritier.
Une autre philosophie allemande, Christian Bonnet
Le paradoxe, dont lui-même s’amuse, qui veut que Jacques Bouveresse soit régulièrement présenté comme un spécialiste de la philosophie anglo-saxonne, quand la plupart des auteurs auxquels il s’est intéressé et qui ont nourri sa réflexion sont des philosophes et des écrivains de langue allemande, s’explique sans doute, comme il le soupçonne, par le fait que, bien que « de langue allemande, une langue qu’on a l’habitude de considérer comme particulièrement philosophique », la tradition à laquelle il a consacré une bonne partie de ses travaux « n’a guère été considérée, dans le meilleur des cas, que comme une simple excroissance bizarre ou un appendice tout à fait mineur de la grande tradition philosophique allemande, alors qu’elle correspond en réalité à un courant de pensée tout à fait spécifique et autonome, qui s’est défini largement par son opposition à la tradition allemande et en particulier à l’idéalisme allemand »
L’ironie contre le bel esprit philosophique, Sophie Djigo
Loin de pratiquer la confusion des genres entre philosophie et littérature, l’œuvre de Bouveresse offre la preuve par l’exemple que les philosophes ont tout intérêt à se saisir du pouvoir d’élucidation et de diagnostic de certains ouvrages de la littérature. Sur ce point, Bouveresse est l’un de ceux qui ont ouvert une voie dans la philosophie française. Mais ce qui intéresse particulièrement Bouveresse dans cette tradition littéraire qu’il affectionne, en particulier Musil et son héros cacanien, c’est à quel point ce ton, ironique ou satirique, est approprié à la philosophie, notamment à la défense du rationalisme. Ce rapport très particulier à la littérature, aussi bien dans son style de pensée philosophique que dans ses préoccupations, distingue Bouveresse dans le paysage philosophique français contemporain, marqué pour le moins par un certain lyrisme.
Les armes de Wittgenstein, Jean-Jacques Rosat
« Quand j’écris sur Wittgenstein, dit Bouveresse, il se produit sans doute une sorte de processus d’identification. Je n’ai pas eu à me forcer pour adopter son style de pensée et ses réactions. J’ai trouvé avec lui le philosophe qui vous semble avoir donné le mode d’expression optimal à des idées dont vous sentez que ce sont aussi les vôtres. » Quelles ont pu être les affinités de « réactions » entre un Viennois rencontrant la philosophie à Iéna et Cambridge à la veille de la Première Guerre mondiale et un Franc-comtois la découvrant à Paris au début des années 1960 ? Qu’est-ce qui a fait du « style de pensée » du premier le « mode d’expression optimal » des idées qui ont surgi dans l’esprit du second lors de son entrée dans l’arène philosophique et tout au long des cinquante années qui ont suivi ? Quelles assonances entre leurs volontés ? Quelles similitudes entre leurs combats ?
Ce que les auteurs infréquentables ont à dire à ceux qui ne veulent pas leur ressembler, Jacques Bouveresse
C’est de l’hommage rendu involontairement à Spengler par certains de ses continuateurs qui s’ignorent, que j’aurais aimé vous parler plus longuement. J’ai toujours l’impression que c’est à nous que Musil s’adresse quand il s’en prend à l’historicisme et au relativisme radical que professe celui-ci. Certains de nos philosophes « postmodernes », qui connaissent aujourd’hui un succès comparable au sien, donnent l’impression de s’évertuer à rendre la plus instable et la plus insaisissable possible – quand ils ne proposent pas de l’abandonner – la distinction entre le vrai et ce qui est reconnu et désigné comme vrai par des sujets connaissants et parlants donnés, à une époque et dans une culture données. Un de ceux qui ont excellé jusqu’à la virtuosité dans ce genre d’exercice me semble être Foucault. Ils ne semblent toujours pas avoir remarqué à quel point Spengler les avait devancés.
HISTOIRE RADICALE
Dossier « Cinéma, propagande et stalinisme » présenté par Charles Jacquier
La gestion bureaucratique du cinéma, Victor Serge
Le cinéma soviétique : une histoire et une élégie, Dwight Macdonald
Sur un film américain stalinien : Mission to Moscow (1943), Daniel Sauvaget

lundi 26 décembre 2011

à paraître: revue Agone 48, La philosophie malgré eux


revue Agone 48, La philosophie malgré eux
à paraître en avril 2012

Présentation de l'éditeur
Professeur au Collège de France, Jacques Bouveresse est depuis plus de quarante ans une figure majeure de la philosophie française contemporaine. Quand on parle de lui, c’est d’habitude pour le louer (philosophe savant, rigoureux, étran- ger aux modes, ne ménageant pas sa plume dans des combats courageux) ou le discréditer (éternel « râleur », stérile et désuet, qui finit par avoir tort à force d’avoir toujours raison). Ce qu’on passe sous silence, c’est l’ampleur considérable et l’extrême diversité de son œuvre, l’originalité de ses idées et des manières dont il les défend, l’importance et l’utilité qu’elles peuvent avoir pour la philo- sophie et pour la vie intellectuelle.
Bouveresse a construit sa pensée à partir d’une culture à la fois philosophique, scientifique et littéraire extrêmement originale, d’auteurs méconnus ou mal lus qui sont autant d’appuis et d’armes dans les débats et combats d’aujourd’hui.
Il a doublé sa production philosophique d’une réflexion sur les conditions d’existence d’une philosophie décente. Sa pensée contient de précieux antidotes contre les prétentions, les illusions et les formes de domination que trop de philosophes et de non-philosophes identifient à la philosophie. Son antiphilosophie est celle d’un philosophe. Il fait de la philosophie malgré eux.

Sommaire :
Jacques Bouveresse, Ce que les auteurs infréquentables ont a dire à ceux qui ne veulent pas leur ressembler
Bruno Ambroise, Bouveresse et Bourdieu, critiques de la position scolastique
Christian Bonnet, Une autre philosophie allemande,
Thierry Discepolo, Le philosophe français et le satiriste viennois. À propos du Kraus de Bouveresse
Sophie Djigo, L’ironie contre le bel esprit philosophique
Jean-Matthias Fleury, Bouveresse historien de la philosophieJean-Jacques Rosat, Quels usages de Wittgenstein ?Claudine Tiercelin, Bouveresse dans le rationalisme français
Histoire radicale
Dossier "Cinéma, propagande et stalinisme", présenté par Charles Jacquier
Victor Serge, La gestion bureaucratique du cinéma
Dwight Macdonald, Le cinéma soviétique : une histoire et une élégie
Daniel Sauvaget, Sur un film américain stalinien : Mission to Moscow (1943)
 Coordination : Jean-Jacque Rosat.