ISSN : 2269-5990
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vendredi 1 mars 2019

parution: Jacques Bouveresse, Les premiers jours de l’inhumanité. Karl Kraus et la guerre

Jacques Bouveresse
Les premiers jours de l’inhumanité
Karl Kraus et la guerre
Hors d’atteinte
Faits & idées
7 Mars 2019


Présentation de l'éditeur
  • Préface: Marie Hermann & Sylvain Laurens
  • Suivi d'un entretien avec Jacques Bouveresse

La description que donne Kraus du rapport très spécial que l’innocent persécuteur entretient avec le mensonge correspond si exactement au chef de la démocratie la plus puissante du monde qu’elle pourrait presque sembler faite par anticipation pour lui. Lui aussi a compris mieux que personne que la meilleure façon de mentir est d’accuser les autres d’être ceux qui le font, et de le faire en particulier quand ils disent la vérité à son sujet. C’est donc le menteur – que le fait de ne tenir, pour sa part, aucun compte de la vérité ne gêne pas le moins du monde, mais qui sait qu’il peut être important pour ses adversaires de ne pas risquer d’en être soupçonné – qui accuse les autres d’inventer et de diffuser des fake news.
« On n’arrive pas à croire à quel point on doit tromper un peuple pour le gouverner », écrivait Adolf Hitler dans une des premières versions – amendée par la suite – de Mein Kampf. Alors qu’aujourd’hui le contexte international offre régulièrement la tentation d’établir des parallèles avec les années 1930, le philosophe Jacques Bouveresse revient aux écrits du fervent opposant autrichien au nazisme Karl Kraus pour le confronter à la période actuelle. Une propagande fondée sur l’émotion et la destruction de l’intellect, consistant à augmenter la tolérance du peuple au mensonge et à la brutalité, à accuser ses adversaires des atrocités qu’on commet soi-même et à faire croire ses électeurs à une revanche sociale qui n’est en réalité rien d’autre qu’une destruction de la démocratie : voilà qui n’est pas sans résonances avec le comportement de certains dirigeants actuels, que ce livre éclaire différemment.
Né dans le Doubs en 1940, Jacques Bouveresse est un philosophe rationaliste dont les principales influences sont Ludwig Wittgenstein, le cercle de Vienne et la philosophie analytique. Élu au Collège de France en 1995, il en est professeur honoraire depuis 2010. Ses domaines d’étude sont la philosophie de la connaissance, des sciences, des mathématiques, de la logique et du langage ; il s’intéresse également à des auteurs comme Robert Musil et Karl Kraus.  


mardi 13 octobre 2015

Contribution de Jacques Bouveresse, in Autour de 1914-1918 : nouvelles figures de la pensée. Sciences, arts et lettres (Actes du Colloque au Collège de France 2014)


Contribution de Jacques Bouveresse, in Autour de 1914-1918 : nouvelles figures de la pensée. Sciences, arts et lettres, Actes du Colloque au Collège de France 16-17 oct. 2014), Odile Jacob, 2015

vidéo: Jacques Bouveresse, Le langage, la logique et la philosophie (Colloque Autour de 1914, nouvelles figures de la pensée : sciences, arts, lettres. Collège de France 16-17 oct. 2014)



Autour de 1914-1918:
nouvelles figures de la pensée 
Sciences, arts et lettres
Sous la direction de Antoine Compagnon
Odile Jacob
2015

Présentation de l'éditeur
La Grande Guerre n’a pas cessé de nous fasciner. Elle nous apparaît comme un moment de profonde rupture non seulement historique et géopolitique, mais aussi épistémologique et même civilisationnelle. Nos façons de comprendre le monde, de le voir, de le penser, ont été transformées autour de ces années-là. Quel rôle le conflit a-t-il joué dans ces bouleversements ? Dans quel contexte intellectuel s’est-il déclenché ? Et quels en ont été les effets à long terme – les ruptures et les reconfigurations dans les sciences, la philosophie, les lettres, les arts, les représentations, les mentalités, la société ?

Antoine Compagnon est professeur au Collège de France, titulaire de la chaire de Littérature française moderne et contemporaine : histoire, critique, théorie. Il a édité, en collaboration avec Yuji Murakami, l’anthologie La Grande Guerre des écrivains, d’Apollinaire à Zweig (2014).

Avec les contributions de Olivier Agard, Françoise Balibar, Jacques Bouveresse, Isabelle von Bueltzingsloewen, Yves Cohen, Marc Fontecave, Roland Gori, Claudine Haroche, Serge Haroche, Henry Laurens, Michelle Perrot, Roland Recht, Makis Solomos, Claudine Tiercelin, Céline Trautmann-Waller, Jürgen von Ungern-Sternberg, Anton Zeilinger.