ISSN : 2269-5990
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jeudi 27 mars 2014

en ligne: La reconstruction de la raison. Dialogues avec Jacques Bouveresse, Sous la direction de Claudine Tiercelin

La reconstruction de la raison
Dialogues avec Jacques Bouveresse
Sous la direction de Claudine Tiercelin
Philosophie de la connaissance
Collège de France
2014

Note de l’éditeur
Ce livre est issu du premier colloque organisé en France autour de la pensée et de l'oeuvre de Jacques Bouveresse. Il s'est tenu les 27, 28 et 29 mai 2013 au Collège de France, à l'initiative de Claudine Tiercelin (chaire de Métaphysique et philosophie de la connaissance). Les vidéos de ce colloque sont accessibles sur le site web du Collège de France (à la page de Claudine Tiercelin). 
La raison était supposée autrefois constituer ce qui unit les êtres humains. Elle n'a plus à présent de forme unitaire et dominante ; elle est au contraire fragmentée en une multitude de rationalités diverses, réelles ou supposées telles, qui coexistent de façon conflictuelle. Parmi les philosophes qui ont le plus compté au cours du XXe siècle, bien peu ont été des défenseurs de la raison et des Lumières ; et certains de ceux qui ont exercé (et continuent encore aujourd'hui à exercer) l'influence la plus considérable ont été ses adversaires declarés. Notre époque a même été confrontée à un processus d'"irrationalisation de la science", dont certains de nos maîtres à penser postmodernes ont essayé de nous convaincre qu'elle n'était en aucune façobn le produit exemplaire de la raison et de l'effort pour tendre à une connaissance objective de la réalité.
On peut néanmoins percevoir depuis quelque temps, à des signes divers, qu'au lieu de tenir la raison pour responsable de la plupart des maux de notre époque, il se pourrait bien que la seule solution qui s'offre désormais à nous soit de nous décider à lui accorder réellement une nouvelle chance. Jusqu'à quel point et à quel prix la raison peut-elle espérer réussir à reconquérir au moins en partie le rôle qu'elle a joué autrefois comme faculté d'unité et d'universalité ? C'est une entreprise évidemment difficile et problématique, qui suppose notamment que l'on ait répondu de façon suffisamment claire et convaincante à la question de savoir ce qui peut être conservé et ce qui doit être abandonné dans l'héritage des Lumières.

en ligne sur OpenEdition Books:


Les raisons de croire et les raisons d'agir

Aude Bandini
(De quoi) Alexis Alexandrovitch est-il coupable ?

Croyances irrationnelles et responsabilité épistémique

Jean-Matthias Fleury
Souveraineté de la raison

Les voies de la raison. Métaphysique, analyse conceptuelle, littérature

Catrin Missellhorn
Les idées métaphilosophiques de Musil 
Entre le naturalisme philosophique et la philosophie comme littérature

Quel rationalisme?

Conclusions

Claudine Tiercelin
Raison et sensibilité



(source: OpenEdition Books)

vendredi 8 mars 2013

Colloque: La reconstruction de la raison. Dialogues avec Jacques Bouveresse. Collège de France, Paris – 27, 28 et 29 mai 2013

 
 
Chaire de Métaphysique et philosophie de la connaissance
Professeur Claudine Tiercelin
Colloque La reconstruction de la raison

Dialogues avec Jacques Bouveresse

Collège de France, Paris – 27, 28 et 29 mai 2013

*

Lundi 27 mai

9 H/9 H 15
Claudine Tiercelin (Collège de France)
Ouverture
9 H 15/10 H 15
Pierre Wagner (Université Paris1– Panthéon – Sorbonne)
Tolérance et rationalité
10 H 30/11 H 30
François Clementz (Aix – Marseille Université)
Métaphysique du rationalisme, rationalité de la métaphysique
11 H 30/12 H 30
Catrin Misselhorn (Universität Stuttgart)
Romanticism Naturalized. From the Paradoxes of Self-reference to the Non-Ratioid Domain

*

14 H/15 H
Christian Bonnet (Université Paris1 – Panthéon – Sorbonne)
Lichtenberg ou les Lumières inquiètes
15 H/16 H
Kevin Mulligan (Université de Genève)
De la sottise, du pharisaïsme et de l’intérêt
16 H 15/17 H 15
Jacques Bouveresse (Collège de France)
Le désir, la vérité et la connaissance : la volonté de savoir et la volonté de vérité chez Foucault
17 H 15/18 H
Discussion générale

Mardi 28 mai

9 H/10 H
Pascal Engel (EHESS)
La diversité du domaine des raisons
10 H 15/11 H 15
Stéphane Chauvier (Université Paris – Sorbonne)
Un décisionnisme épistémologique est-il possible ?
11 H 15/12 H 15
Jean-Marie Chevalier (Collège de France)
Y a-t-il un rationalisme à la française ? Vuillemin, Granger, Bouveresse

*

14 H/15 H
Roger Pouivet (Université de Lorraine)
L’irrationalisation de la religion
15 H/16 H
Aude Bandini (Université de Montréal/ Université du Québec à Montréal)
De quoi l’acratique épistémique est-il coupable ?
16 H 15/17 H 15
Manfred Frank (Universität Tübingen)
Politische Aspekte des neufranzösischen Denkens
17 H 15/18 H
Discussion générale

Mercredi 29 mai

9 H/10 H
Louis Pinto (CNRS, EHESS)
Le sociologue, la raison et l’histoire
10 H 15/11 H 15
Benoit Gaultier (Collège de France)
Le champ scientifique, le progrès de la connaissance et l’exercice de la philosophie
11 H 15/12 H 15
Sophie Djigo (CURAPP, Amiens)
« Rationaliser l'action » : du sujet empirique à l’agent rationnel

*

14 H/15 H
Jean-Jacques Rosat (Collège de France)
User de sa raison en philosophie
15 H/16 H
Jean-Matthias Fleury (Lycée Gérard-de-Nerval, Noisiel)
Souveraineté de la raison
16 H 15 – 17 H 15
Claudine Tiercelin (Collège de France)
Raison et sensibilité
17 H 15/18 H
Discussion générale. – Clôture

(Merci à Jean-Jacques Rosat pour l'info) 

dimanche 28 octobre 2012

en ligne: Agone 44 | 2010 Rationalité, vérité & démocratie

Agone 44 | 2010, Rationalité, vérité & démocratie

Ce numéro est issu d’un colloque organisé par Jacques Bouveresse, chaire de philosophie du langage et de la connaissance au Collège de France, le 28 mai 2010, sur le thème « Rationalité, vérité et démocratie - Bertrand Russell, George Orwell, Noam Chomsky ».  Voir les vidéos de ces conférences

mercredi 2 mars 2011

revue Agone 44, Rationalité, vérité & démocratie

Rationalité, vérité & démocratie 
Ce numéro est issu du colloque « Rationalité, vérité et démocratie – Bertrand Russell, George Orwell, Noam Chomsky », organisé au Collège de France le vendredi 28 mai 2010. voir les Vidéos

L’habitude de fonder les opinions sur la raison, quand elle a été acquise dans la sphère scientifique, est apte à être étendue à la sphère de la politique pratique. Pourquoi un homme devrait-il jouir d’un pouvoir ou d’une richesse exceptionnels uniquement parce qu’il est le fils de son père ? Pourquoi les hommes blancs devraient-ils avoir des privilèges refusés à des hommes de complexions différentes ? Pourquoi les femmes devraient-elles être soumises aux hommes ? Dès que ces questions sont autorisées à apparaître à la lumière du jour et à être examinées dans un esprit rationnel, il devient très difficile de résister aux exigences de la justice, qui réclame une distribution égale du pouvoir politique entre tous les adultes.
Bertrand Russell (1961)


SOMMAIRE
Éditorial, Jacques Bouveresse
Russell, Orwell, Chomsky : une famille de pensée et d’action, Jean-Jacques Rosat
Pourquoi associer les noms de Russell, Orwell et Chomsky ? Quelles parentés y a-t-il entre leurs pensées mais aussi entre leurs engagements militants respectifs ? Quel genre de lumières pouvons-nous espérer d’eux sur le thème « Rationalité, vérité et démocratie » ? Il est largement admis que les tyrannies s’appuient sur le mensonge et les préjugés, et que la démocratie suppose l’existence d’un espace public des raisons où s’affrontent pacifiquement des citoyens éclairés. Mais il est largement admis aussi que le savoir confère habituellement à celui qui le possède une supériorité et une autorité sur celui qui ne le possède pas. Le relativisme, nous dit-on, garantit le droit des dominés et des minorités à défendre leur propre vision du monde. Certes, il peut arriver qu’il leur offre temporairement une protection efficace. Mais, fondamentalement, il est contradictoire avec tout projet d’émancipation car il dépossède les dominés des armes de la critique.
La vérité peut-elle survivre à la démocratie ?, Pascal Engel
L’une des raisons pour lesquelles la vérité et la démocratie ne semblent pas faire bon ménage est qu’on a tendance à confondre, d’une part, la liberté d’opinion et de parole avec l’égale vérité des opinions, ce qui revient à adopter une forme de relativisme, et, d’autre part, la règle de majorité avec une règle de vérité, ce qui revient à adopter une forme de théorie de la vérité comme consensus. Parce que la démocratie libérale repose sur le principe de la pluralité des valeurs et sur la neutralité axiologique, on a tendance à penser qu’elle exige de traiter toutes les opinions comme également respectables et, moyennant une confusion de plus, comme également vraies. Parce que la démocratie suppose la règle selon laquelle, en matière de décisions, la majorité doit l’emporter, on suppose que les opinions majoritaires ont le plus de chances d’être vraies, et qu’elles sont vraies parce qu’elles sont celles de la majorité.
Tout ça n’est pas seulement théorique. Notes sur la pratique d’une politique éditoriale, Thierry Discepolo
Comme producteur de « propagande », le métier d’éditeur tient une position paradoxale par bien des aspects. D’un côté, sa marque est bien visible sur le produit « livre » ; de l’autre, on est en droit de se demander ce qu’il fait. L’éditeur n’est ni l’auteur, qui a écrit le livre, ni l’imprimeur, qui l’a fabriqué. Pour une part, il est responsable de la mise en circulation de milliers de phrases ; pour une autre, il ne peut en réclamer la paternité – il ne les a pas écrites. Quelle légitimité cet intermédiaire a-t-il de revendiquer les idées que portent les livres inscrits à son catalogue ? Parce que, sans son travail, de telles idées ne pourraient être ­sorties de l’anonymat ? On donnera quelques éléments de réponse à ces questions à partir de la position spécifique de l’éditeur, un métier qui mêle ­indissociablement l’argent et les idées.
Bertrand Russell, la science, la démocratie et la « poursuite de la vérité », Jacques Bouveresse
Bertrand Russell est convaincu qu’une application stricte, par tout le monde, du principe selon lequel on doit s’efforcer de ne croire, autant que possible, que des choses vraies ou qui du moins ont des chances raisonnables d’être vraies, si elle introduirait assurément des changements importants dans la vie sociale et politique, n’aurait pas le genre de conséquences catastrophiques que l’on prédit généralement. L’illusion et le mensonge ne sont peut-être pas indispensables à la vie en société à un degré aussi élevé qu’on le croit la plupart du temps. Ils ne devraient en tout cas pas l’être dans des sociétés qui ont la prétention d’être réellement démocratiques.
La soif de pouvoir tempérée par l’auto-aveuglement, Noam Chomsky
Traduit de l’anglais par Clément Petitjean
Les doctrines du rationalisme économique qui, depuis une génération, constituent le discours dominant dans les sociétés avancées ont façonné les politiques menées, mais elles l’ont fait de manière sélective : une recette pour les plus faibles, une autre radicalement différente pour les puissants – en somme comme par le passé. Il ne semble pas injuste de dire que cette domination ne reflète ni une quelconque rationalité ni un attachement à la vérité, mais plutôt un engagement en faveur des privilèges et du pouvoir. Les conséquences sont immanquables. Alors qu’ils paraissent très riches en comparaison des autres pays, les États-Unis sont en train de revêtir certaines des caractéristiques structurelles des anciennes colonies, qui ont typiquement des secteurs incroyablement prospères et privilégiés au milieu d’un océan de souffrance et de misère.
Dialogue sur la science et la politique, Jacques Bouveresse et Noam Chomsky (entretien avec Daniel Mermet)
Que peut le bon sens comparé à ce que peut peut-être la connaissance scientifique ? Noam Chomsky a rappelé que le progrès des sciences a amené à se rendre compte que le bon sens, ou sens commun, pouvait se tromper de façon spectaculaire. La même chose n’est-elle pas susceptible de se passer en matière morale et politique ? Après tout, le sens commun un peu éduqué ne peut-il suffire pour nous procurer les lumières dont nous avons besoin pour l’action ? Pierre Bourdieu était évidemment convaincu que la connaissance procurée par les sciences sociales est finalement la seule qui soit susceptible de nous permettre de comprendre réellement les mécanismes qui engendrent l’inégalité, l’injustice, l’oppression, etc. [Jacques Bouveresse se souvient] d’avoir pris la défense de Noam Chomsky, au moins une fois, devant Bourdieu, parce que Chomsky avait écrit que comprendre comment opèrent ces mécanismes d’assujettissement et d’oppression qui engendrent l’inégalité et l’injustice n’est pas très difficile ; il suffit d’un peu de bon sens, de psychologie – et de cynisme, ajoutait-il.
LA LEÇON DES CHOSES
À propos de la « pensée (anti-)68 » selon Serge Audier, Alexander Zevin
Traduit de l’anglais par Clément Petitjean
Présenté par Philippe Olivera
Racisme, sexisme et mépris de classe, Walter Benn Michaels
Traduit de l’anglais par Natacha Cauvin
Notes prises en décembre 1981 et janvier 1982 lors des réunions à la CFDT et des conférences de presse en soutien à Solidarnosc, Pierre Bourdieu
Présenté par Franck Poupeau et Thierry Discepolo
HISTOIRE RADICALE
Au-delà du marxisme, de l’anarchisme et du libéralisme : le parcours scientifique et révolutionnaire de Bruno Rizzi, Paolo Sensini
Traduit de l’italien par Miguel Chueca
Présenté par Charles Jacquier