ISSN : 2269-5990
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vendredi 12 janvier 2024

Jacques Bouveresse, La Passion de l'exactitude. Robert Musil et la philosophie

 

 

Jacques Bouveresse

La Passion de l'exactitude

Robert Musil et la philosophie

Préface de Florence Vatan

Hors d'atteinte

Faits & idées

2024



Présentation de l'éditeur

Musil dit de la littérature qu'elle utilise des connaissances, mais n'en produit pas de spécifiques. Il admet en revanche que certaines philosophies réussissent à nous procurer une connaissance ; d'autres agissent sur l'esprit d'une façon qui ressemble davantage à celle de certaines œuvres littéraires.

Pourquoi Jacques Bouveresse (1940-2021) s'est-il autant intéressé à Robert Musil (1880-1942), un écrivain bien éloigné de la philosophie traditionnelle ? Ils partageaient sans nul doute une grande indépendance, un attrait pour la philosophie des chemins de traverse, une profonde méfiance à l'égard des modes et une préoccupation pour les notions de vérité et de croyance. Jusqu'à la fin de sa vie, Bouveresse aura défendu l'idée que Musil était un penseur utile dans les temps obscurs et incertains où nous vivons. Dans ce texte inédit, il en profite pour opérer un retour critique sur sa propre discipline et s'interroge autant sur son sens que sur sa légitimité. 

 

mercredi 25 octobre 2023

à paraître: Jacques Bouveresse, La Passion de l'exactitude. Robert Musil et la philosophie

 

 

Jacques Bouveresse

La Passion de l'exactitude

Robert Musil et la philosophie

Préface de Florence Vatan

Hors d'atteinte

Faits & idées

janvier 2024



Présentation de l'éditeur

Jacques Bouveresse interroge la philosophie, sa légitimité et son sens, à partir de l'œuvre de l'écrivain Robert Musil.

Musil dit de la littérature qu’elle utilise des connaissances, mais n’en produit pas de spécifiques. Il admet en revanche que certaines philosophies réussissent à nous procurer une connaissance ; mais d’autres agissent sur l’esprit d’une façon bien différente, qui ressemble davantage à celle dont le font certaines œuvres littéraires.

Pourquoi Jacques Bouveresse s’est-il autant intéressé à Robert Musil (1880-1942), un écrivain bien éloigné de la philosophie traditionnelle ? Ils partageaient sans nul doute une grande indépendance, un attrait pour la philosophie des chemins de traverse, une profonde méfiance à l’égard des modes et une préoccupation pour les notions de vérité ou de croyance.

Dans ce texte inédit, le philosophe mort en 2021 profite de son dialogue avec Musil pour opérer un retour critique sur sa propre discipline et s’interroger autant sur son sens que sur sa légitimité. 

Jacques Bouveresse avait déjà abordé l’œuvre de Robert Musil dans deux ouvrages : L'Homme probable, le hasard, la moyenne et l'escargot, publié chez L'Éclat en 1993 (rééd. 2004) ; et La Voix de l'âme et les chemins de l'esprit. Dix études sur Robert Musil, publié au Seuil en 2001. Il s’y intéresse notamment aux notions de possible et de probable autour desquelles Musil a ordonné sa philosophie du devenir de l'humanité et sa conception de l'histoire. Selon ses propres dires, l’écrivain autrichien né en 1880 et mort en 1942, auteur du magistral L’Homme sans qualités (1930), est le penseur dont il s’est senti le plus proche.

Pourquoi Jacques Bouveresse s’est-il autant intéressé à un écrivain dont le projet intellectuel est très éloigné des modes de réflexion philosophiques traditionnels ? On peut y voir un parti pris frondeur et l’expression d’une philosophie buissonnière, adepte des chemins de traverse de la « discipline reine » du champ intellectuel français.

Jacques Bouveresse s’est retrouvé dans cet écrivain intempestif et dissident, profondément méfiant à l’égard des modes et des certitudes du moment, qui défendait des thèses à contre-courant de l’irrationalisme ambiant et traçait sa voie en toute indépendance. La marginalité de Musil, à la fois subie et assumée, le plaçait dans une position d’extériorité d’où il pouvait analyser avec une grande lucidité les débats littéraires et intellectuels de son époque.

Ce texte-ci, inédit et resté inachevé, est issu d'une conférence donnée à l’université de Vienne en octobre 2008 sous le titre « Robert Musil et la philosophie », repris et complété en septembre 2010 à l’occasion d’un colloque à la Sorbonne intitulé « Musil et Wittgenstein ». Nous ne saurons jamais si Jacques Bouveresse projetait d’en faire un livre, comme le suggère l’intitulé du fichier informatique retrouvé sur son ordinateur, « MUSIL II », ou un long essai.

S’intéressant aux préoccupations philosophiques de Musil, qu’il s'agisse de philosophies singulières (Wittgenstein, l’École de Vienne, Nietzsche) ou de problèmes spécifiques comme la question de la croyance, celle de la connaissance littéraire, la valeur de la vérité, ou encore les mésalliances entre littérature et philosophie telles que Bouveresse les diagnostique dans la philosophie postmoderne, Bouveresse s'interroge sur ce qui constitue la légitimité d’une parole philosophique, en marge des balises disciplinaires et des vogues intellectuelles – question qui reste centrale et d'une grande actualité. Il aborde également la nature équivoque de la philosophie, tiraillée entre une orientation scientifique et une orientation littéraire, entre un versant systématique et un versant essayiste. Son dialogue avec Musil lui permet enfin d’opérer un retour critique sur sa propre discipline et de s’interroger sur ce que philosopher veut dire.

Jusqu’à la fin de sa vie, Jacques Bouveresse a défendu l’idée que Musil était un penseur utile dans les temps obscurs et incertains où nous vivons. 

 

 

 

mardi 8 mars 2011

Florence Vatan, Robert Musil et la question anthropologique (Préface de Jacques Bouveresse)

Florence Vatan
Robert Musil et la question anthropologique 
préface de Jacques Bouveresse
PUF
2000

Présentation de l'éditeur
" La créature humaine est capable aussi bien de pratiquer l'anthropophagie que d'écrire la Critique de la raison pure " (Essais, p.141). Comment penser l'homme sans avoir à postuler - sur le mode des anthropologies philosophiques traditionnelles - une " nature " humaine dotée d'attributs définis ? Tel est le problème soulevé par Robert Musil dans son œuvre essayiste et romanesque. La seule " vérité " anthropologique que l'on puisse énoncer est négative : l'homme ne possède pas de forme propre, sinon celles que lui donne la réalité socioculturelle constituant son horizon de pensée et d'expérience.
Au regard de cet " amorphisme " constitutif, l'idéal d'un sujet autonome et souverain se révèle illusoire. Musil pose les fondements théoriques de son intuition en mobilisant différentes perspectives scientifiques : l'ethnologie, le calcul des probabilités et - en premier lieu - la psychologie de la forme (Gestaltpsychologie). Son roman L'Homme sans qualités devient le site expérimental d'un dialogue avec ces différents savoirs dans le cadre d'une enquête sur les formes possibles de l'expérience humaine. La signification politique d'un tel projet devient manifeste à la lumière du contexte idéologique de l'entre-deux-guerres.
L'anthropologie musilienne oppose une fin de non-recevoir aux théories raciales et aux morphologies culturelles ainsi qu'à leur définition normative des types humains. On voit se dessiner - à travers cette étude de l'œuvre musilienne sous l'angle inédit de la question anthropologique - la figure d'un écrivain remarquablement attentif aux controverses idéologiques ainsi qu'à l'évolution politique de l'Europe des années vingt et trente.
La réponse de Musil à ce qu'il perçoit comme une crise de l'homme européen se fonde sur une écriture littéraire nourrie d'une vaste culture scientifique.


Florence Vatan is Assistant Professor of French, Italian and Comparative Literature at UWM. She is author of the book Robert Musil et la question anthropologique (Man as a Question: Robert Musil's Anthropology) (Presses universitaires de France, 2000) and has articles in Austriaca, Nineteenth-Century French Studies, and The French Review. Her research at the Center explores Flaubert's and Baudelaire's critical dialogue with medicine, focussing especially on the ways in which medicine contributed to the elaboration of their aesthetics and their quest for artistic autonomy. She is currently finishing a book on this topic.

vendredi 4 mars 2011

écouter: Georg Christoph Lichtenberg et la physionomie du monde, avril et juin 2010

Séminaire
Georg Christoph Lichtenberg et la physionomie du monde : philosophie, physique, littérature, critique
Chaire de Philosophie du langage et de la connaissance
Chaire d’Histoire de l’art européen médiéval et moderne
Collège de France

2 avril 2010

Éléments pour une biographie de Georg Christoph Lichtenberg
Roland Recht, titulaire de la Chaire Histoire de l'art européen médiéval et moderne.

Quelques observations sur le style de Lichtenberg
Sigurd Paul Scheichl.

Shakespeare, Garrick, Hogarth. Lichtenberg et la révélation de l'Angleterre
Pascal Griener

Canetti lecteur de Lichtenberg
Gerald Stieg.

Forces et faiblesses de l’Aufklärung : le rationalisme sceptique de Lichtenberg (1/2)  Jacques Bouveresse



24 juin 2010

- Récapitulation de la première journée du séminaire et introduction
Jacques Bouveresse et Roland Recht

La potence et la putain. Les obsessions de Lichtenberg
Ernst Osterkamp.

Se penser soi-même et penser le langage: le dilemme de Lichtenberg
Rolf Wintermeyer.

- Les yeux de Lichtenberg
Roland Recht.


25 juin 2010

Anamorphoses. Lichtenberg interprète de Hogarth
Hans-Georg von Arburg

- Les problèmes d'un illustrateur, Daniel Chodowiecki: entre Lavater et Lichtenberg
Thomas Kirchner.

- Gombrich lecteur de Lichtenberg
Ségolène Le Men.

- Lichtenberg et Musil
Florence Vatan

- Forces et faiblesses de l’Aufklärung : le rationalisme sceptique de Lichtenberg (2/2)
Jacques Bouveresse.